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Histoire Dellys


Histoire de l'Ecole

Je me souviens très bien de cette nuit ou une charge de plastic avait explosé dans la salle des professeurs.

J'étais alors en 3ème et notre dortoir se trouvait juste au dessus de la salle en question. Nous avons été réveillé par un forte explosion vers 2h du matin et par des débris de verre qui ont été projetés sur nous alors que nous dormions tous. Les cadres de portes et de fenêtres des salles de classe qui étaient de l'autre cote de la salle des profs ont volé en éclat. Il y avait des débris partout dans la cour.

Nous n'avons pas pu nous rendormir, car l'excitation et l'inquiétude étaient à leur comble. Le Surveillant Général (Fouquet) et le Directeur (dont j'ai oublié le nom) ainsi que les pions nous demandaient s'il y avait des blessés. Heureusement, tout le monde était indemne (à part quelques égratignures pour certains).

Au matin, on s'est rendu au réfectoire pour prendre notre petit déjeuner. Le préfet de Tizi-Ouzou s'est rendu sur les lieux de l'explosion et c'est à ce moment la que la décision a été prise de renvoyer les élèves chez-eux jusqu'à nouvel ordre. On nous informa que l'on nous écrirait pour nous rappeler au Lycée le moment venu. Tout le monde s'en alla; La très grande majorité pour ne plus revenir.

Trois semaines plus tard, j'ai effectivement reçu une lettre du SurG (Fouquet) informant les élèves de l'ouverture du Lycée et de la reprise des cours (vers le 10 ou 15 Mai 1962).Habitant Haussonvillers, j'ai pris le bus le soir même et me retrouvais dans un établissement quasi désert. Nous étions environs une vingtaine d'élèves, la plupart de Kabylie (Kerrad, Azouaou, Sbaia, Smail,...) mais pas de camarades Pieds Noirs autant que je m'en souvienne. C'était d'une tristesse.... dans la salle d'études, au réfectoire, aux ateliers... il n'y avait plus l'ambiance...

Puis, peu à peu certains arrivèrent dans les deux semaines qui ont suivi, particulièrement ceux qui avaient des examens à passer, qui ont d'ailleurs eu lieu à Tizi-Ouzou, notamment pour le bac(en raison de l'insécurité qui régnait à Alger). Le mois de Juin est vite arrivé et on ne peut pas dire que l'on a vraiment travaillé depuis Avril. On avait l'impression qu'il fallait rappeler les élèves parce que les institutions devaient continuer à fonctionner vaille que vaille.

Le jour de mon retour, je n'ai plus retrouvé ma trousse de toilette et surtout mon rasoir électrique (car pendant la fermeture, beaucoup de choses ont disparu des placards des dortoirs ou les élèves ont tout laissé). Le SurG auquel j'ai rapporté la perte, a demandé à un pion de m'accompagner vers une salle ou, semble-t-il, certaines affaires des élèves ont été regroupées. Une caverne d'Ali Baba!!. Radios, rasoirs électriques de toutes marques, trousses de toilette, etc... J'ai cherché mon rasoir (un PhilipShave) que j'ai heureusement retrouvé. Il y avait aussi des Remington et d'autres affaires que je ne saurait décrire aujourd'hui.

Cette charge de Plastic a marqué la fin d'une époque, car depuis, le LTE a subi des mutations qui l'ont malheureusement totalement éloigné de sa vocation d'École d'élite. Nombreux ont été les élèves Algériens formés durant la période 50/60 qui ont occupé, après 1962, des postes très importants dans les sphères de l'État et de l'industrie en Algérie .

J'ai, pour ma part, continué avec un BTS à Vierzon, une formation d'Ingénieur à Lyon et plus tard aux USA. Tout cela grâce à la solide formation dont j'ai eu la chance de bénéficier au LTE. Merci à l'École et à mes profs.

Chaleureuses amitiés à tous les Gad'Zarts.
Mohamed Salem (promo 60)

Amicale des Anciens Elèves de l'Ecole de Dellys:« Le yatching A307 60 Rue Pierre Loti 83500 La Seyne sur mer...